DISCOURS DE MACKY SALL SUR LE CORONAVIRUS : DU BON ET DU MOINS BON !

24 - Mars - 2020

Dans son adresse à la nation, lundi 23 mars, le président de la République a soutenu que « l’heure est grave ». Preuve de sa préoccupation face à la propagation alarmante du coronavirus au Sénégal et dans le monde.
Pour cette seconde adresse à la nation depuis l’irruption de la maladie dans notre pays, le président Macky Sall, visiblement préoccupé par l’impact que pourrait avoir la pandémie sur l’économie, a pris des mesures salutaires pour appuyer différents secteurs économiques. L’enveloppe de 50 milliards pour l’achat de vivres « pour l’aide alimentaire d’urgence » est aussi une décision de haute portée sociale.
Cela dit, dans le reste de son discours, Macky Sall paraît peu convaincant. L’on se rappelle que, lors de sa précédente sortie, il avait ordonné d’importantes mesures pour freiner la propagation du coronavirus. Malheureusement, bon nombre d’entre elles n’ont pas été suivies. Certaines cités religieuses avaient, par exemple, littéralement foulé aux pieds l’interdiction des rassemblements. Les Sénégalais, du moins bon nombre d’entre eux, continuaient aussi à vaquer à leurs occupations comme si de rien n’était.
Face à cette défiance, on pensait, naïvement peut-être, que le niveau d’exigence des mesures allait être plus élevé, que le président de la République dénoncerait l’inconscience et l’irresponsabilité des Sénégalais qui contribuent à la propagation du virus, bref qu’il taperait du point sur la table, malheureusement, Macky Sall a raté l’occasion de restaurer l’autorité de l’Etat. Il a préféré renvoyer la patate chaude aux autorités administratives. Si elles y parviennent, Bingo !
Dans la lutte contre le Covid-19, il existe une recette qui est en train de faire ses preuves, c’est le confinement, car « le virus porteur de la maladie ne se déplace pas de lui-même. Il circule à travers les personnes qui le portent, qui le déposent dans différents endroits et qui le transmettent ainsi à d’autres », a justement rappelé Macky Sall sans pour autant opté pour cette solution. L’enveloppe de 50 milliards n’a d’ailleurs sa raison d’être que si les Sénégalais sont confinés. Elle viendrait dans ce cas compenser le manque à gagner dû à la réduction drastique de leurs déplacements.
A l’état actuel de la préoccupante situation sanitaire au Sénégal, il faut un Etat fort, qui sait se faire respecter ! Ensuite, il faut allier confinement et couvre-feu. Telle semble être la meilleure riposte. Car sans confinement, le couvre-feu perd sa pertinence puisque le redoutable virus est offensif 24/24. L’état d’urgence, parlons-en, ne réduira pas radicalement les déplacements des Sénégalais, notamment ceux qui ont l’obligation d’aller quotidiennement au front à la quête de la dépense, mais aussi et surtout ceux qui placent la parole de leur marabout au-dessus des lois de la République.
On espère vivement se tromper !
Cheikh Sidou SYLLA

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

28 - Novembre - 2024

Législatives : Le Conseil constitutionnel confirme la victoire de Pastef

Le Conseil constitutionnel a proclamé, mercredi, les résultats définitifs des élections législatives anticipées du 17 novembre confirmant la large...

28 - Novembre - 2024

Le chef de l’Etat va fixer la date d’ouverture de la première session de l’Assemblée nationale (officiel)

Le chef de l’Etat a annoncé, mercredi, en Conseil des ministres, qu’il prendra un décret pour fixer la date d’ouverture de la première session de...

28 - Novembre - 2024

Thiaroye 44 : Macron annule son déplacement au Sénégal

Emmanuel Macron avait promis de se rendre à Dakar le 1er décembre, à l’occasion de la cérémonie commémorative des 80 ans des...

27 - Novembre - 2024

Législatives : le verdict du Conseil constitutionnel sera connu ce jeudi

Au Sénégal, la publication des résultats définitifs des élections législatives anticipées du 17 novembre dernier est imminente. Celle-ci devrait...

26 - Novembre - 2024

Des militants de Taxawu se rebellent contre la gestion de Khalifa et Barth

Ils ont mordu à la poussière aux élections législatives anticipées du 17 novembre.Taxawu, qui est sorti avec un seul député venant de la liste...