Financement des campagnes de Jacques Chirac : Robert Bourgi cite Me. Abdoulaye Wade et d’autres Présidents africains

01 - Octobre - 2024

Mallettes, djembés ou "sacs de la marque Puma" remplis de cash: le lobbyiste Robert Bourgi, homme de l'ombre de la Françafrique, revient dans un livre sur le financement par des chefs d'Etat africains du RPR et de son chef de file Jacques Chirac.

Dans "Ils savent que je sais tout", un ouvrage d'entretien paru aux éditions Max Milo, Robert Bourgi décortique les relations incestueuses entre la France et ses anciennes colonies africaines et le rôle qu'il y a joué, aiguillé par son "mentor" Jacques Foccart.

Les valises d'argent convoyés au profit du parti gaulliste, sans "jamais" toucher lui-même à l'argent, "je le voyais avant tout comme un soutien à ma famille politique", affirme-t-il.

Il raconte le financement du RPR par la communauté libanaise d'Abidjan où il était installé au début des années 1980, un total de "10 millions de dollars au minimum" versés par Denis Sassou Nguesso (Congo), Omar Bongo (Gabon), Blaise Compaoré (Burkina Faso), Mobutu Sese Seko (Zaïre) au profit de Jacques Chirac à l'approche de la présidentielle de 1995.

Avant la présidentielle de 1988, il relate avoir croisé, dans l'antichambre du bureau d'Omar Bongo, Roland Dumas, venu lui aussi chercher une valise d'argent pour le compte du président socialiste François Mitterrand.

"Omar Bongo alimentait également le PS", il misait "sur tous les chevaux pour être certain d'avoir le gagnant" comme il l'a fait en 1995 également au profit d'Edouard Balladur, "surtout pour assurer ses arrières" en cas de victoire face à Jacques Chirac.

Pour la présidentielle de 2002, ce sont à nouveau "près de 10 millions de dollars" qui ont été versés pour la campagne de Jacques Chirac par les présidents gabonais, congolais, ou encore Abdoulaye Wade (Sénégal), assure-t-il.

Blaise Compaoré fera déposer à l'Elysée 3 millions de dollars dans quatre djembés, l'Ivoirien Laurent Gbagbo, pourtant proche des socialistes, la même somme dans des "sacs de la marque Puma", clame-t-il.

"Chirac aimait les sous! Peu importe de qui ils venaient. Il était irrésistiblement attiré par l'argent", estime-t-il. En revanche, il n'y a selon lui "jamais eu d'argent africain" au profit de Nicolas Sarkozy dont il s'est rapproché à partir de 2005.

Les chefs d'Etat africains se prêtaient à ces financements selon lui par "clientélisme politique au premier sens du terme. La France restait très influente en Afrique".

Rémunéré par ces derniers, Robert Bourgi explique avoir "joué les intermédiaires" à leur profit. "Mes missions consistaient à faire passer des messages plus ou moins cryptés. Je contourne la diplomatie officielle", détaille le lobbyiste qui a endossé la robe d'avocat pour obtenir un statut "officiel".

Bourgi, habitué des coups médiatiques, avait déjà formulé la plupart de ces accusations en 2011 dans la presse, en pleine enquête judiciaire sur "les biens mal acquis". Ces propos avaient provoqué l'ire de Jacques Chirac qui l'a attaqué en diffamation avant de se désister en 2013.

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

19 - Mars - 2025

Le rôle capital joué par Karim Wade pour la rencontre Tshisekedi-Kagamé à Doha

Vers un cessez-le-feu dans la crise diplomatique entre Kinshasa et Kigali ? Le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagamé se sont...

19 - Mars - 2025

ON EN A MARRE DE « Y’ EN A MARRE ! » PAR MOHAMED GASSAMA)

Sénèque, un des plus brillants philosophes de l’école stoïcienne, avait coutume de rappeler que pour surmonter les obstacles, il faut faire appel à la...

19 - Mars - 2025

UNE LOI D’AMNISTIE QUI ENTRAVE LA CONCORDE NATIONALE (PAR IBRAHIMA THIAM)

Force est de reconnaître que le tandem Diomaye-Sonko persiste à manœuvrer dans l’opacité à propos de l’amnistie, un sujet pourtant des plus sensibles,...

18 - Mars - 2025

Loi d’amnistie : L’APR exige son abrogation totale

Le Secrétariat Exécutif National (SEN) de l’Alliance Pour la République (APR) a vivement réagi à la proposition de loi interprétative sur...

18 - Mars - 2025

Yassine Fall en Mauritanie : vers une distinction entre migrants en transit et Sénégalais résidents

La ministre de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, Yassine Fall, s’est rendue en Mauritanie ce lundi dans un contexte marqué par des...