Présidentielle de 2019 : Les exigences de l’opposition

02 - Août - 2018

La Conférence des leaders du Front Patriotique pour la Défense de la République (Fpdr), est arrivée à la conclusion que « les modifications intempestives et unilatérales du Code électoral, jadis consensuel, par le gouvernement, nous amènent inéluctablement vers une confrontation violente avant, pendant et après le jour du scrutin, ce qui serait un désastre pour notre pays et pour l’Afrique ».

Dans un communiqué parvenu à la Rédaction de Igfm, l’opposition sénégalaise note qu' »au lendemain du scrutin présidentiel de 1988, la situation étant devenue dangereuse avec des affrontements violents, le parti au pouvoir et l’Opposition acceptèrent la médiation du NDI, Fondation du Parti Démocrate Américain, pour une issue heureuse. Au terme de discussions serrées, les négociations aboutirent, par un consensus total, au Code surnommé ‘’Code NDI-Kéba Mbaye’’, du nom du défunt Président de la Cour Suprême d’alors, grand juriste respecté dans le monde entier qui venait de terminer une mission de plusieurs années à la Cour Internationale de Justice de La Haye dont il était le Vice-Président. Ce Code électoral consensuel a régi les élections au Sénégal un quart de siècle, sans crise majeure ».

Mais, déplorent Mamadou Diop Decroix et Cie, Macky Sall a « modifié substantiellement et de manière unilatérale le code consensuel ». « Dans son nouveau code, il institue, en particulier, le parrainage obligatoire pour tout candidat, par 65.000 électeurs figurant sur la liste électorale et, cela, sans aucune erreur sur le nom, le numéro de la Carte Nationale d’identité, le numéro de la Carte d’électeur et la signature devant être conforme à celle qui figure sur la pièce d’identification. Ce système de parrainage combiné à l’instrumentalisation de la justice avec des juges constitutionnels aux ordres, doit lui permettre d’éliminer arbitrairement les concurrents qui menacent sa réélection et de se choisir ses concurrents. Ainsi, il évite des candidats susceptibles de le battre, dans le cadre d’une compétition loyale et ouverte, lors de l’élection présidentielle du 24 février 2019″, dénoncent-il. Ajoutant que son parti, l’Apr, a démarré sa campagne autour de la collecte des parrains alors que le ministre de l’Intérieur ne nous fournit pas les modèles officiels devant servir à cette opération. « De même, le ministre de l’Intérieur refuse de donner suite à nos demandes d’accès au fichier électoral en vertu du droit de regard et de contrôle que la loi nous reconnaît », pestent-ils.

C’est pourquoi, les leaders du FPDR estiment que « l’ultime solution pour sauvegarder la stabilité et la paix consiste à un retour pur et simple au code électoral consensuel qui avait permis, en mars 2012, d’élire l’actuel Président de la République dans un scrutin démocratique et pacifique. Il sera par la suite possible de procéder à une revue dudit code au-delà de l’élection présidentielle de l’année prochaine, dans des conditions à déterminer mais surtout dans un climat apaisé. Ceci permettra aux partis politiques, à la CENA, à l’administration et à la société civile d’élaborer un consensus permettant une poursuite satisfaisante du processus en cours, déjà particulièrement biaisé ».

ifgm

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

08 - Janvier - 2025

LETTRE OUVERTE A MONSIEUR EMMANUEL MACRON (PAR BIRAHIM CAMARA)

Président de la République Française. Monsieur le Président, Depuis le début de votre second mandat, vous faites, en ce qui concerne l'Afrique francophone,...

08 - Janvier - 2025

COMMUNIQUE DU CONSEIL DES MINISTRES DU 8 JANVIER

Le Chef de l’Etat, Son Excellence, Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE a présidé, ce mercredi 08 janvier 2025, la réunion hebdomadaire du Conseil des Ministres, au...

07 - Janvier - 2025

La réponse salée de Sonko à Macron : « La France n’a ni légitimité ni capacité pour assurer la souveraineté de l’Afrique »

Le Premier ministre Ousmane SONKO a fermement contesté les récentes affirmations du Président français Emmanuel Macron concernant le départ des bases militaires...

07 - Janvier - 2025

Ayib Daffé apporte son soutien à Diomaye Faye

En marge de la cérémonie de présentation des vœux du Président de l’Assemblée, El Malick Ndiaye, au personnel de l’institution parlementaire,...

07 - Janvier - 2025

L'opposant guinéen Aliou Bah condamné à deux ans de prison ferme pour offense au chef de l'Etat, Mamady Doumbouya est en train de ramener la Guinée aux années noires de la dictature de Sékou Touré

Le verdict vient de tomber ce mardi, 7 janvier 2025, au tribunal de première instance de Kaloum. L’opposant Aliou Bah a été déclaré coupable...