Projet Daara-Atelier: 15 000 « talibés » à former d’ici à 2029

09 - Avril - 2025

Religieux, maîtres coraniques et autorités étatiques ont lancé, hier, à l’Institut islamique de Dakar, le projet Daara-Atelier. Portée par le ministère de la Formation professionnelle et technique, l’initiative, dont la phase pilote concerne les villes de Touba, Médina Gounass, Tivaouane, kaolack et Nguékhokh, vise à former 15.000 « talibés » dans divers métiers d’ici à 2029.

L’Institut islamique, sis à la grande mosquée de Dakar, a servi de cadre au lancement officiel du projet Daara-Atelier, en présence de nombreuses autorités religieuses, coutumières et gouvernementales. L’événement marque un tournant dans la politique éducative et sociale du pays en ce sens qu’il pose les bases d’un pont entre l’enseignement coranique et la formation professionnelle, a expliqué le directeur de l’Apprentissage, au ministère de la Formation professionnelle et technique, M. Soulèye Kane. “Ce projet a pour vocation d’ouvrir de nouveaux horizons aux milliers de jeunes talibés qui, pendant longtemps, ont été exclus des circuits formels de formation et d’insertion », a affirmé M. Kane. D’envergure nationale, la phase pilote de cette initiative gouvernementale concerne les villes religieuses de Touba, Médina Gounass, Tivaoune, Kaolack et Nguékhokh. « Toutes les structures de formation du ministère ont été mobilisées pour garantir son efficacité et sa durabilité », a dit Soulèye Kane. Le cœur du projet repose sur une volonté forte à savoir « donner aux talibés des compétences professionnelles leur permettant de s’insérer dignement dans la société, sans renier leur ancrage religieux et culturel ».

Les bénéficiaires suivront des formations professionnalisantes dans des métiers dits « porteurs », fortement demandés sur le marché du travail, a rappelé le directeur de l’apprentissage. Parmi les filières identifiées, on peut citer, l’électricité domestique et industrielle, la couture et le stylisme, la transformation agroalimentaire, la menuiserie bois, le froid et la climatisation, l’automobile électrique, les énergies renouvelables et la mécanique générale. Venu présidant la cérémonie, le ministre de la Formation professionnelle et technique, Moustapha Njekk Sarré, a salué un moment « historique », en parfaite cohérence avec « la vision audacieuse du Président de la République qui place la jeunesse, l’inclusion et la dignité humaine au cœur de son action ». « Un budget de 16 milliards de FCfa sera mobilisé dans un premier temps pour ce projet afin de former 15.000 pensionnaires de daara », a déclaré le ministre. Il n’a pas manqué de rassurer les parties prenantes sur la mobilisation des ressources dans la mise en œuvre du projet. Allier la formation et l’acquisition du savoir « Les fonds nécessaires sont sécurisés. Ils seront déployés avec rigueur et transparence.

Le Président de la République fait de la formation professionnelle un levier stratégique pour l’emploi et l’équité », affirme M. Sarré. Il a également salué la récente création de la direction des affaires religieuses et de l’insertion des diplômés en langue arabe à la présidence, preuve, selon lui, de l’intérêt porté à cette frange souvent oubliée de la jeunesse. Moustapha Njekk Sarré en a profité pour lancer un appel aux maîtres coraniques et aux leaders religieux afin qu’ils s’impliquent activement dans la réussite du projet : « Votre rôle est essentiel dans la sensibilisation et l’accompagnement. Le Président et son gouvernement comptent sur vous pour guider ces jeunes vers l’excellence », a dit M. Sarré. « Ce programme est plus qu’un simple projet de formation. C’est un pacte républicain pour la dignité, l’équité et la prospérité partagée », soutient le ministre, convaincu qu’avec l’implication de tous les acteurs, « le Sénégal deviendra un modèle d’inclusion et d’innovation ».

Il a rappelé l’engagement des nouvelles autorités étatiques concernant l’employabilité des jeunes à travers ce qu’elles appellent la grande offensive nationale pour la formation technique et professionnelle. Cela, dit-il, incarne une volonté de rupture, notamment de faire des « daara » non plus des périphéries du système éducatif, mais des piliers de l’émergence économique et sociale du pays. Serigne Cheikh Fatma Mbacké, représentant du Khalife général des Mourides, a salué l’initiative avec enthousiasme. « Ce projet phare va considérablement renforcer le secteur des daara, tout en conservant notre identité islamique, fondée sur la foi et les valeurs spirituelles », a-t-il indiqué. Dans la même lancée, Sérigne Ahmed Sy Al Amine, représentant du Khalife général des Tidianes, a souligné la parfaite adéquation du projet avec la doctrine éducative de Seydi Malick Sy, qui prônait « l’acquisition d’un métier à côté d’une formation religieuse solide ».

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