PROPOS DE MERCREDI :INONDER LES URNES, NOYER LES FRAUDES

06 - Février - 2019

Le taux de participation est l’enjeu principal du combat qui oppose Mackyavel aux forces en lutte pour le respect de la souveraineté populaire. De ce point de vue, contrairement à une idée reçue qui ne résiste pas cependant à une analyse attentive, les jeux ne sont pas faits. Ils ne seront faits qu’au cours de la journée du 24 février, quand le citoyen-roi aura la parole pour mettre son bulletin dans l’urne et exprimer son choix. Personne ne peut « gagner » une élection avant que l’électeur ne s’exprime. Sinon, il n’y aurait jamais eu d’alternance dans notre histoire.
Le complot contre les candidatures de Karim et Khalifa, le parrainage-élimination, qui ont été les deux grands instruments de la fraude en amont, ont abouti à une restriction inacceptable de la liberté de choix de l’électeur. Tout a été entrepris pour organiser une résistance efficace contre cette violation. Mais ces efforts se sont heurtés à la force de l’habitude consistant à « attendre le jour du vote pour régler le problème », une attitude d’autant plus crédible qu’elle a fait ses preuves en 2000 et 2012.
Ce succès relatif de la fraude en amont renvoie à l’image d’une équipe de football ayant perdu la première mi-temps d’un match suite à un penalty frauduleux. Que faire ? Quitter le terrain et perdre à coup sûr ou jouer avec conviction la Remontada en deuxième mi-temps ?
Cette deuxième mi-temps a déjà commencé. Le rassemblement en cours des forces démocratiques est un bon début. Et aussi une riposte adéquate aux effets de la fraude en amont, en retournant la stratégie d’éviction de l’opposition contre son propre concepteur. Sans le vouloir, Mackyavel a aidé l’opposition à réaliser le projet de candidatures plurielles fortes pour imposer un second tour. La formation en cours de la plus grande coalition électorale de notre histoire ne doit rien au hasard. Quand l’essentiel, la souveraineté du peuple, est en cause, les ambitions subalternes et les calculs mineurs n’ont plus leur place.
Le match sera donc gagné ou perdu sur le terrain du taux de participation. Plus la mobilisation sera élevée, moins l’impact des fraudes sera décisif. C’est ce qui s’est passé en l’an 2000 quand un million de jeunes se sont inscrits sur le fichier électoral. Cela permit de diluer les « cartes israéliennes » dans un océan de participation populaire.

L’entraîneur de la Remontada
Une faible mobilisation des électeurs, provoquée par le dégoût ou le découragement, faciliterait le braquage électoral de Mackyavel. A contrario, une participation massive empêcherait une victoire crédible de Macky Sall au premier tour.
Les jeux ne seront donc pas faits avant le 24 février à l’heure de clôture des bureaux de vote. Tout dépendra de la mobilisation populaire autour des actions de protestation prévues et, le cas échéant, dans les isoloirs. Parions que le Président Abdoulaye Wade, qui arrive demain, sera sûrement l’entraîneur de la Remontada victorieuse.

Mamadou Bamba NDIAYE
Ancien député
Secrétaire général du Mps/Selal

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