Conseil supérieur de la magistrature : l’UMS valide la chefferie de l’Exécutif et s’oppose à toute présence des non magistrats

29 - Mai - 2024

Les magistrats ont fait plusieurs propositions dans le cadre du Dialogue national sur la justice ouvert hier, mardi 28 mai 2024 au CICAD, à Diamniadio. La réforme de la Cour des comptes, la généralisation de l’âge de la retraite sont autant propositions de l’Union des magistrats sénégalais (UMS). Les magistrats s’opposent, par contre, au retrait du président de la République du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) et à l’ouverture de cette instance à des personnes étrangères à la profession.

Après une réunion en date du 18 mai 2024, l’Union des magistrats sénégalais (UMS) a formulé plusieurs recommandations en perspective de la Journée du Dialogue national ouverte hier, mardi 28 mai, avec comme thème : «La réforme et la modernisation de la justice». Concernant le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), pour les magistrats, l’option est de changer de paradigme en l’érigeant en un organe autonome, prenant en charge la carrière des magistrats, la garantie de leur indépendance et le respect de la déontologie. L’UMS trouve que le Conseil devrait disposer d’un siège propre, d’un budget de fonctionnement et d’un véritable Secrétariat.

Cependant, l’UMS s’oppose à l’ouverture du Conseil supérieur de la magistrature à des personnalités non magistrats. La personne nommée, qui n’est pas magistrat, peut être étrangère aux «impératifs éthiques et professionnels des magistrats». En outre, relèvent les magistrats, il existe un fort risque de créer une composition déséquilibrée. Pour l’association des magistrats, la présence de tiers n’est pas de nature à assoir l’autorité judiciaire ou à renforcer le lien de confiance entre les citoyens et l’institution judiciaire.

Par contre, l’UMS dit soutenir vivement l’augmentation des membres élus du Conseil supérieur. Elle propose, en plus d’augmenter le nombre de membres élus, d’accroitre les pouvoirs du Conseil. Il s’agira ainsi de faire passer le nombre de membres élus de 04 à 12 membres ; soit deux membres élus par ressort de Cour d’appel. La question tant agitée portant retrait du président de la République et de son Garde du Sceaux, ministre de la Justice du Conseil supérieur de la magistrature est désapprouvée par l’Union des magistrats sénégalais.

Mieux, l’UMS «vote» la présence continue du président de la République et du ministre de la Justice dans le Conseil supérieur de la magistrature. Elle dit, toutefois, être dans l’attente de la position officielle du président de la République sur l’opportunité ou non de la présence de l’exécutif dans ce Conseil. Motivant sa position, l’UMS trouve que le fait que le Chef de l’Etat siège au Conseil permet d’assoir un cadre permanant de discussions et d’échanges entre l’exécutif et le pouvoir judiciaire.

Dans ses recommandations, l’UMS soutient l’aménagement des pouvoirs du Conseil supérieur de la magistrature, pour en faire un organe délibérant et non un organe consultatif. Elle propose la nomination d’un Secrétaire général du CSM par ses pairs et le renforcement de ses pouvoirs. Pour les magistrats, il est également utile de regrouper le CSM et la Direction des Services Judiciaires, pour enfin obtenir une gestion optimale de la carrière des magistrats. L’UMS propose de discuter sur le monopole du pouvoir exclusif de la convocation des réunions et de la fixation l’ordre du jour. Pour les magistrats, prévoir le partage du pouvoir de convoquer les réunions et de fixer l’ordre du jour impacterait positivement le fonctionnement du Conseil. L’UMS prône aussi l’instauration de dates fixes (deux par an) pour la tenue de réunions du CSM (dont l’une au moins avant le début des vacances judiciaires).

Concernant les nominations, l’UMS demande que le pouvoir soit donné au CSM, un pouvoir de proposition de nomination concernant les hautes fonctions judiciaires. Il s’agira, selon l’UMS, d’enserrer la nomination des magistrats aux hautes fonctions judiciaires dans un formalisme précis et de définir la procédure à suivre par les candidats à cette fin, à savoir l’appel à candidature ou l’étude de dossiers. Pour les autres nominations, le Conseil devra donner son avis conforme sur les propositions du Garde des Sceaux. L’UMS propose la nomination des Juges d’instruction par le Conseil supérieur de la magistrature.

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres afficher ci-dessous : Image de Contrôle

Autres actualités

03 - Mars - 2025

Rapport "Feerdom House" : le Sénégal classé au rang de "pays libre"

Le rapport « Freedom in the World » 2024 sur la liberté dans le monde de Freedom House, a été publié mercredi dernier. Pour la 19e année...

03 - Mars - 2025

Alioune Tine : « Les responsables de crimes économiques doivent répondre devant la justice »

Le rapport de la Cour des Comptes continue de susciter de vives réactions. Les révélations sur la gestion des finances publiques sous Macky Sall ont choqué la...

03 - Mars - 2025

Gadaye : un enfant échappe de justesse à un enlèvement, un militaire arrêté, ses complices dont deux (2) femmes recherchés

Ce dimanche 2 mars, en début d’après-midi, une scène troublante s’est déroulée à Gadaye, un quartier de Guédiawaye. Un garçon de...

28 - Février - 2025

Farba Ngom et l'affaire des milliards : Ce qui est reproché exactement à Farba Ngom

Farba Ngom a passé hier sa première nuit en prison. À la suite de son face-à-face avec le juge du premier cabinet financier, le maire des Agnams a été...

28 - Février - 2025

PJF : Tahirou Sarr cautionne une valeur de 349 milliards FCfa de francs Cfa et un chèque certifié de 11 milliards FCfa pour se tirer d'affaire

Apres Farba Ngom, un autre poids lourd des affaires Seydou Sarr, Alias, Tahirou, s'active en coulisses pour éviter la prison. Attendu aujourd'hui devant le même collège des...