Michel Platini et Sepp Blatter relaxés en appel par la justice suisse dans l’affaire du paiement suspect à la FIFA

25 - Mars - 2025

Après près de dix ans d’enquête et un acquittement en première instance, l’ancien patron de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini, et l’ex-président de la Fédération internationale de football (FIFA), Sepp Blatter, ont été relaxés en appel devant la justice suisse dans l’affaire du paiement suspect qui les a placés au ban du football mondial.

A 10 heures, la cour d’appel extraordinaire du tribunal pénal fédéral réunie à Muttenz, dans le nord-ouest du pays, a prononcé la relaxe des deux anciens dirigeants. Le parquet avait requis, au début de mars, un an et huit mois de prison avec sursis, bien en dessous des cinq ans d’emprisonnement qu’ils encouraient. Après quasi dix ans de procédure, un ultime recours en cassation est encore possible devant le Tribunal fédéral suisse, mais uniquement sur des motifs juridiques limités.

« Après deux acquittements, le parquet fédéral doit lui aussi admettre que cette procédure pénale a définitivement échoué. Michel Platini doit enfin être laissé en paix sur le plan pénal », a commenté Dominic Nellen, l’avocat de l’ancien capitaine des Bleus. Il a rappelé que cette enquête avait eu « des conséquences non seulement juridiques, mais aussi personnelles et professionnelles considérables » pour le triple Ballon d’or, « bien qu’aucune preuve à charge n’ait jamais été présentée ».

« La procédure pénale a notamment empêché son élection à la présidence de la FIFA en 2016 », a rappelé Me Nellen, ouvrant la voie à la victoire inattendue de l’Italo-Suisse Gianni Infantino, alors bras droit de Platini au sein de l’UEFA.

Comme en première instance, le Français de 69 ans et le Suisse de 89 ans avaient chacun plaidé l’acquittement − le terme suisse même pour des faits délictuels. Sans relâche, ils clamaient leur innocence et voyaient dans ce dossier une manipulation qui visait à les écarter du pouvoir.

« Le motif de la présente procédure [ouverte en 2015 après la démission de Blatter, empêtré dans les scandales] était uniquement d’empêcher Michel Platini de devenir président de la FIFA », avait accusé à l’audience Me Dominic Nellen, l’avocat du triple Ballon d’or. Il avait d’ailleurs réclamé une « réparation morale » pour son client, dont la carrière a été « brutalement ruinée » au moment où, président de l’UEFA et toujours auréolé de sa gloire sportive, il paraissait idéalement placé pour prendre la tête du football mondial.

Un « accord de gentlemen » oral et sans témoins
Mais judiciairement, le contexte de l’affaire importe peu : seule comptait, pour la Cour d’appel, la « tromperie » reprochée aux deux accusés, soit le paiement, par la FIFA, de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) à l’ancien numéro 10 des Bleus en 2011, avec l’appui de Sepp Blatter.

Défense et parquet s’accordaient sur un point : le Français a bien conseillé le Suisse entre 1998 et 2002, lors du premier mandat de Blatter à la tête de la FIFA, et les deux hommes ont signé, en 1999, un contrat convenant d’une rémunération annuelle de 300 000 francs suisses, intégralement payée par la FIFA. Mais, en janvier 2011, l’ancien milieu de terrain « a fait valoir une créance de 2 millions de francs suisses », qualifiée de « fausse facture » par l’accusation.

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