Soudan: le général Abdel Fattah al-Burhan revendique la «libération» de Khartoum
Le chef de l’armée soudanaise, le général Abdel Fattah al-Burhan, a affirmé mercredi soir que Khartoum avait été « libérée », après l’annonce plus tôt de la reprise par ses forces de l’aéroport de la capitale, site hautement stratégique et symbolique occupé depuis le début de la guerre par les Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo, dit Hemedti.
« Khartoum est libérée, c’est terminé », a déclaré depuis le palais présidentiel le dirigeant de facto du Soudan dans un discours diffusé par la télévision publique.
Sur cette vidéo diffusée par Al Jazeera, nous pouvons voir l’arrivée du président du Conseil de souveraineté et commandant en chef de l’armée soudanaise, Abdel Fattah Al-Burhan, au palais présidentiel de la capitale soudanaise, Khartoum.
Un peu plus tôt dans la journée, l’armée soudanaise avait annoncé la reprise de l’aéroport. Selon le général Nabil Abdallah, contacté par l’AFP, les troupes gouvernementales ont « complètement sécurisée » l’endroit où s’étaient installés les éléments des FSR dès avril 2023.
L'aboutissement d'une offensive débutée en septembre
Depuis quelques jours, les paramilitaires du général Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti, essuient revers sur revers. Vendredi dernier, ils ont été chassés du palais présidentiel, site hautement symbolique, puis de différents quartiers où se trouvaient la Banque du Soudan, ainsi que le siège des renseignements ou encore le musée national... Des bâtiments dévastés par deux ans de guerre.
Pour l'anthropologue Clément Deshayes, c'est l'aboutissement d'une offensive députée en septembre. « Ces derniers jours, le temps s'est un petit peu accéléré puisque l'armée avait réussi à reconquérir le centre-ville de Khartoum, qui était tenu depuis le début du conflit par les forces de soutien rapide et ce qui se déroule aujourd'hui a l'air d'être une fuite complète des forces RSF de la ville de Khartoum », explique-t-il.
Depuis quelques semaines, les militaires sont appuyés par des milices de volontaires afin d’encercler les positions FSR et forcer leur retraite. Cette réorganisation de l'armée aurait permis de renverser le conflit selon Clément Deshayes. « L'armée a eu recours à ce qu'ils ont toujours fait avant, c'est-à-dire que l'armée existe, elle a des forces. Mais à côté des forces, on utilise des proxys, des paramilitaires et des forces miliciennes diverses pour mener les offensives. Il y a tout un agrégat de force qui se sont alliées et qui soutiennent l'effort de guerre. C'est quelque chose qui est assez inquiétant parce que tout le monde a recours aux milices. Tout le monde a recours à des proxys qui les arment et qui sont relativement autonomes et qui sont relativement peu contrôlables sur le long terme », analyse l'anthropologue.
Selon l'armée soudanaise, les paramilitaires ont traversé le Nil Blanc mercredi pour rejoindre l'ouest du pays, notamment le Darfour, une région toujours sous leur contrôle. Selon l’armée, le dernier bastion des paramilitaires se trouve désormais au sud-ouest de la capitale, un emplacement stratégique en cas de repli vers les zones qu’ils contrôlent, comme la province du Darfour où les combats font encore rage.